Et si demain c'était toi...

19:53:00 ByWforW 10 Comments

Un soir de printemps, tu es paisiblement assis dans ton canapé à regarder tes enfants jouer. Tu les admires et te répètes une énième fois qu'ils sont merveilleux et que tu as une chance inouïe d'avoir une telle vie, quand un bruit sourd retentit. Un grand boom, des cris dans la rue, les oiseaux qui s'envolent à une vitesse inexplicable... Tu te lèves en sursaut et te diriges vers la fenêtre, tu observes une scène de massacre, des débris de partout, des corps gisants sur le sol. Tu comprends que ça y est, c'est la guerre dans ton pays. Ta vie vient de changer en une fraction de seconde. Alors qu'est ce que tu fais dans ce cas là ?
Tu fais ce que tous les réfugiés politiques ont fait ! Tu prépares tes valises, tu cherches une solution, tu tentes tout ce que tu peux pour partir de ce pays parce que c'est ton droit ! Parce que tu as le droit de vivre, de protéger ta famille et de trouver le calme dans un pays en paix. Mais tu n'as pourtant pas envie de quitter ta ville, ta vie, ta maison, ton travail que tu aimes tant, tes amis que tu ne sais pas si tu reverras. Tu l'aimais ton pays quand il était en paix et tu aimerais l'aimer encore.
Mais tu n'as pas d'autre choix que de partir si tu veux survivre. Alors tu trouves une solution pour fuir, tu y passes toutes tes économies et pourtant tu gagnes très bien ta vie, tu as un métier respectable dans ton pays et tu as plus de moyen que la moitié des habitants de ta ville. Mais, du jour au lendemain tu vas être considéré comme quelqu'un de pauvre qui "envahit" un pays qui n'est pas le tien. Tu entames ce long périple vers la paix, tu as fourré le strict nécessaire dans ton sac, tu as pris tout ce que tu pouvais pour tes enfants, pour qu'ils se sentent bien, pour qu'ils ne manquent de rien. Tu es contraint de laisser le chien au pays, tu ne peux pas l'emmener. Il trainera dans la rue et sera probablement victime de la guerre lui aussi... Ta famille et toi prenez la route. Les enfants sont fatigués, ils ont peur et ne comprennent pas tout. Comment faire comprendre à ton fils de 3 ans et ta fille d'à peine 1 an ce qu'il se passe ? 
Au bout de plusieurs semaines de voyage tu te sens sale, toi qui as l'habitude de prendre des douches chaque jour dans ton confort, tu te sens de trop dans chaque endroit où tu passes, les gens te regardent, te craignent, te jugent parce que tes vêtements sont abimés, toi qui es si classe au quotidien plus personne ne peut l'imaginer. Cela fait des jours que tu voyages et que tu donnes tout pour avoir des solutions et atteindre un pays en paix. Tes enfants ont faim, ils sont épuisés et tombent malades. Par chance tu croises un médecin sur un bateau qui fait ce qu'il peut pour t'aider. Les enfants pleurent, les tiens, ceux des autres... Et toi tu essaies de résister, de tenir le coup, tu te dis qu'il y a une lumière au bout du tunnel. Après de longs mois de galères tu arrives enfin dans ce pays en paix dont tu rêvais, et à ton arrivée...
On te juge, on ne te veut pas, on te dénigre, on a peur que tu voles le travail des autres alors que tu n'as même pas le droit de travailler, on a peur que tu voles les aides des autres alors que tu n'y as pas le droit puisque ce n'est pas ton pays, on t'insulte parce qu'on te prête un logement à partager avec deux autres familles pour tenter de te reconstruire, tu ne te sens pas à ta place, tu ne comprends pas comment tu as pu passer de tout à rien en si peu de temps. Tu regrettes ta vie dans ton pays, ton confort, ton travail et tes revenus confortables mais tu ne peux pas rentrer chez toi parce que tu risquerais d'être tué. Tu n'as d'autre choix que d'être à l’abri dans un pays où l'on ne te veut pas. Heureusement sur ta route tu croiseras des gens sincères, des personnes qui te comprennent, des êtres humains avec des valeurs, comme toi ! Des associations se mettront en quatre pour que tu te sentes un peu mieux dans ce pays qui n'est pas le tien, dans cette situation que tu n'as pas voulue et peut être que tu reprendras le goût à la vie. Jusqu'au jour où un crétin te rappellera une énième fois que tu n'es pas chez toi et que tu devrais être dans ton pays.

Et si demain c'était toi ? 

crise des migrants, réfugiés politiques, migrants, pauvre france, accueil des réfugiés

10 commentaires:

  1. Oh ... j'avoue avoir lu les première lignes puis plus rien ! Je n'avais pas envie d'avoir le cafard ce soir. Alors je viendrais peut être demain.

    On se retrouve sur mon blog ? www.autourdechloe.com
    Bisous, bisous.

    RépondreSupprimer
  2. coucou


    totalement d'accord avec toi, et si c'etait nous demain....
    je rappelle souvent aux personnes qui ont des états d'esprits à l'encontre des réfugiés que nous français, et nos arrière grands parents ont fui aussi pour s'abriter et sauver leurs peaux et ainsi pouvoir vivre dignement dans un pays qui puisse accueillir des familles....force est de constater que les gens oublient vite.......

    RépondreSupprimer
  3. Je crois que de plus en plus les gens refusent de voir les choses telles qu'elles sont, refusent la violence, la barbarie dont sont victimes ces milliers de réfugiés. On ne quitte pas un pays au hasard. On le quitte pour se protéger, pour offrir un avenir meilleur à ses enfants.
    Le problème je pense c'est que peu de choses sont mises en place pour l'accueil de ces réfugiés, qu'on laisse les associations gérer seules un arrivage massif. Et heureusement que sur la route, comme tu le dis, il y a de belles personnes, car comme tout être humain, ces familles, ces hommes et ces femmes, ces enfants ont le droit au respect et au respect de leur dignité et de leurs sacrifices.
    Merci pour ce texte qui vient nous rappeler l'essentiel.

    RépondreSupprimer
  4. J'aimerais tant que ces "gens" qui jugent te lisent et essayent, effectivement, pour une fois, de se mettre dans la peau de l'autre, quelques secondes. J'espère que ton article en fera réfléchir quelques uns ...

    RépondreSupprimer
  5. Ton article est très vrai. Et je me rend compte chaque jour un peu plus que beaucoup de gens autour de moi disent et pensent ce fameux "ce n'est pas leur pays", "ils vont nous voler nos boulots". C'est désolant d'entendre cela, de ne pas réussir à aller au bout de la réflexion et juste de s'imaginer (comme tu le fait si bien dans ce billet) qu'elle peut être leur vie alors qu'ils ont tout perdu). Merci pour ce beau billet.

    RépondreSupprimer
  6. Superbe texte ! Bravo et merci pour ce moment d'humanité...
    Bises.

    RépondreSupprimer
  7. MERCI pour cet article qui résume parfaitement la situation de millers de familles. Tout le monde devrait le lire, peut-être que ça changerait quelques idées reçues ? Merci.

    Delphine

    RépondreSupprimer
  8. Ce texte est vraiment superbe et très touchant ! C'est vrai qu'e j'ai l'impression qu'on a tous une tendance à l'égoisme, à ne pas voir plus loin que le bout de notre nez... Parfois même on juge des personnes qui ne le méritent pas et qui tentent juste de se reconstruire avec le peu de bagages qu'ils ont pu emporter avec eux pour leur long voyage...
    Cet article permet réellement d'ouvrir les yeux.
    Merci

    RépondreSupprimer
  9. Merci. Juste merci pour ton humanité qui change tellement de la critique et du jugement ambiant. Si cela ne te dérange pas, j'aimerais partager ton article, essayer de faire voir les choses différemment à certaines personnes...

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...